Le LEAN

Grant Cornett pour Bloomberg Business week

Aucun rapport avec la technique de management mais une boisson dont la promotion est faite par des artistes de hip hop noirs américains. Will-Lean, avec son album The Chemist, fait l’apologie d’un opiacé présent dans les sirops à la codéine vendus aux USA et délivrés sur ordonnance en France. Déjà quelques morts d’overdose puisque cette superbe boisson colorée n’est autre chose qu’une drogue similaire à l’héroïne qui, en un temps record, rend dépendant avec des incidences sur le cerveau et les reins. Une alerte pour les parents d’adolescents…

Un autre aspect écœurant des dérives du libéralisme, triste décadence et insensibilité à la misère de certains…

Traduction de l’article de TIMOTHY BELLA

du 9 mars 2017 pour BLOOMBERG BUSINESSWEEK

Les icônes les moins aimées du hip hop :

Les fabricants du sirop à la codéine prométhazine.

Les entreprises qui alimentent les émotions fortes du « purple drank »

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Thanh Nghiem pour le partage des savoirs

Thanh Nghiem est diplômée de l’école des Mines et de l’Institut européen d’administration des affaires. Après avoir été la première femme directrice associée du cabinet McKinsey en France, puis directrice stratégique du groupe Suez-Ondeo, elle décide de quitter le milieu des grandes entreprises afin de se consacrer à l’accompagnement de projets novateurs pour l’intérêt général et développer l’accès au libre savoir.

Au sein de groupes de réflexion autour du besoin d’évolution des consciences comme celui des crapauds fous, Thanh nous a présenté durant l’évènement de présentation du collectif du 100ème singe du 8 juillet dernier, les axes principaux abordés par son groupe d’étude réunissant plus d’une trentaine de personnes d’horizons différents qui s’est réuni à la Fondation des Treilles pour rédiger le manifeste du crapaud fou.

Cette expression explique la survie d’une espèce grâce à un changement de comportement. En effet, le crapaud fou permet la survie de ses pairs du fait que le batracien ne suive pas ses congénères lors de la migration reproductive stéréotypée les amenant parfois à succomber en cas d’obstacle tel qu’une route.

Ce groupe de réflexion s’est donné pour objectif de faire face à 3 tsunamis identifiés :

  • Un tsunami écologique planétaire où le changement d’équation peut s’opérer avec l’aide du développement de nouveaux modèles collaboratifs pour la sauvegarde de l’environnement.
  • Un tsunami d’une société de post-vérité par les réseaux sociaux dont 70% des informations proviennent d’internet mettant en danger la démocratie puisque des sociétés sont créées principalement aux Etats-Unis pour lancer de fausses informations dîtes « fake ».
  • Un tsunami technologique par le déploiement du machine learning dans les grandes multinationales telles que les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). En effet, Google développe depuis 2016 des machines apprenant toutes seules en analysant tout le Data faisant des utilisateurs d’internet des cibles de la société de consommation. Le risque réside dans le fait que les machines n’ont pas d’éthique mais aussi que l’intelligence artificielle dépasse celle de l’homme.

Thanh exprime son inquiétude concernant les recherches de développement d’applications dont l’objectif est de provoquer la dépendance de l’utilisateur. Elle rappelle le combat de nombreux groupes tel que celui initié par Olivier Sichel qui a ainsi permis d’infliger au groupe Alphabet comprenant Google Shopping une amende de 2,42 millards de dollars après 7 ans de lutte.

L’objectif de ces groupes de réflexion est donc de répondre au besoin d’un changement de niveau de conscience dans le déploiement de réseaux collaboratifs. Le fruit de cette collaboration s’est concrétisé à travers la rédaction d’un manifeste accessible en open source.

Le collectif du crapaud fou s’accorde à dire, comme Seth Goding, auteur et conférencier américain, ancien responsable du marketing de Yahoo, que la culture doit être changée par une cohorte de personnes passionnées en utilisant une méthodologie de travail collaboratif.

Thanh a été sensible à l’appel du Dalaï Lama qui déclarait durant l’été l’importance et la responsabilité de la France dans le changement des consciences dans son rayonnement idéologique lié à son histoire et à son inspirante déclaration des droits de l’homme.

Ce type d’organisation est déjà en expérimentation avec pour objectif la conception libre et durable d’outils liés à internet pour servir l’intérêt général.

Synthèse des propos recueillis durant l’évènement du 8 juillet 2017 organisé par le collectif du 100e Singe.

Pierre Besse , un homme engagé pour la permaculture.

Pierre Besse nous a présenté l’évolution des modèles agricoles lors d’une intervention suivie d’échanges avec le public le 8 juillet 2017 dernier, lors de l’évènement organisé par le 100e singe.

Pierre Besse s’est installé comme maraîcher en agriculture biologique depuis une vingtaine d’années. Il s’est inspiré de la culture « naturelle » de Fukuoka Manasobu. Il dispose de 4000m2 de terrain pour y instaurer des micro-fermes et y développer des multi-cultures économiquement viables en permaculture.

Il déplore la disparition du modèle de polyculture des fermes familiales qui existaient jusqu’à la fin du siècle dernier et qui offraient des cultures diversifiées entre le potager, les arbres fruitiers, la culture céréalière ainsi que l’élevage sur 1 à 2 hectares.

 Ce modèle a en effet peu à peu disparu durant la 2ème moitié du XXème siècle et a été remplacé par le modèle dit « conventionnel ». Après la Révolution verte, on a assisté à la dépossession de la connaissance pour n’être réservé qu’aux chercheurs, gestionnaires d’espaces verts et vendeurs de pesticides en inféodant le cultivateur. La production s’est concentrée pour ne servir qu’1 à 2 clients universels. La taille des fermes est devenue colossale. Cette agriculture est délétère pour l’environnement et a détruit un modèle de société portant en germe la captation de la production de notre alimentation et la main mise sur les biens fonciers.

C’est ce constat qui a amené P. Besse à la permaculture. Jeune ingénieur diplômé, c’est suite à la rencontre avec Emilia Hazelhip et Marc Bonfils qu’il est initié à l’agriculture naturelle selon Fukuoka Masanobu et à la permaculture.

Alors que Rudolf Steiner a contribué à une vision respectueuse de l’environnement en Europe à partir des années 20 et a défini les fondements de la biodynamie, Fukuoka a pratiqué une agriculture dite « naturelle » dans les années 80 au Japon sans travail permanent du sol.

Le développement d’une agriculture biologique garantit une innocuité environnementale malheureusement sans garantie puisqu’on assiste à une industrialisation du bio en grande surface.

Un courant porteur regroupe des maraîchers et des céréaliers où chacun s’affranchit du travail du sol pour une restructuration de sa composition.

La permaculture trouve son origine dans les années 70 en Australie grâce aux aborigènes respectant leur environnement. L’objectif est de statisfaire les besoins de base sans altérer les ressources naturelles. Elle s’articule autour de 3 principes :

  • Prendre soin de la terre
  • Prendre soin des autres
  • Partager les ressources équitablement (eau, semences, récoltes et accès au marché)

En même temps qu’elle définit un système social, la permaculture possède une dimension technique.

Elle représente aujourd’hui 1% des surfaces agricoles céréalières avec de meilleurs rendements et moins de charge de travail par une valorisation du potentiel spontané des sols par la vie microbienne et la présence des plantes. La végétation est vivante.

Cette agriculture représente un défit pour les céréaliers de l’agriculture conventionnelle formés à l’utilisation de désherbants. Elle s’oppose au productivisme et au travail du sol.

En Amérique du sud, dans des pays tels que le Chili, l’Argentine ou le Brésil, la permaculture révolutionne la notion de travail car elle offre un coût de production nettement plus faible. Au lieu de dégrader les sols, on les restaure. La restauration de la santé des sols s’évalue sur une unité de saison soit une génération.

Ainsi, face au dérèglement climatique, la permaculture peut être une réponse économiquement et socialement intégrée.

Synthèse des propos recueillis durant l’évènement du 8 juillet 2017 organisé par le collectif du 100e Singe.

 

Le crowdfunding

3.1.1 Le crowdfunding

C’est le financement par toute personne d’un projet, et sa participation à hauteur de sa contribution.
La définition officielle donnée par la Banque de France ACPR est la suivante :
« Le crowdfunding ou financement participatif est un nouveau mode de financement de projets par le public. Il permet de récolter des fonds – généralement de faibles montants – auprès d’un large public en vue de financer un projet artistique (musique, édition, film, etc.) ou entrepreneurial. Les opérations de crowdfunding peuvent être des soutiens d’initiative de proximité ou des projets défendant certaines valeurs. » (21)
Le crowdfunding est donc le financement participatif d’un projet.
Le crowdsourcing est un nouveau moyen d’obtenir une information ou une participation à une tâche ou encore à un projet particulier en recourant aux services d’un certain nombre de personnes, rémunérées ou non, généralement via l’Internet.
Le crowdfunding, ou crowdsourcing, a suscité beaucoup d’enthousiasme. Il a été rapidement considéré comme un nouveau modèle de financement au cours des dernières années, non seulement pour le film mais pour toute entreprise à court de liquidité. L’idée est que la mise en commun de petites quantités d’argent résultant de la sollicitation d’audiences quasi-illimitées de l’Internet, peut contourner les modèles de financement traditionnels et leurs contraintes artistiques. Une partie de l’opinion pense que ce type de financement serait viable que dans le cadre de la production de documentaires (22).

Le site internet d’Artquest partage les ressources, les réseaux et les opportunités dont l’artiste visuel a besoin pour développer sa pratique artistique. Sa mission étant d’encourager son engagement critique et d’apporter un soutien pratique. Cet organisme créé des projets et des évènements au profit des artistes visuels à chaque étape de leur carrière. Tous ses membres travaillent à temps partiel car eux-mêmes sont artistes visuels. L’accessibilité au site est sans inscription, ouverte à tous. Le site ne contient aucune publicité, ce qui signifie que l’artiste obtient des recommandations basées sur la qualité plutôt que sur le profit. Artquest est un programme lancé depuis 2001 par l’Université des Arts de Londres (UAL), le plus grand établissement d’enseignement supérieur d’Europe dans le domaine des pratiques artistiques créatives et il est rattaché au conseil des Arts d’Angleterre (Arts Council England) (23).
En France, le film documentaire « Demain » réalisé par l’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent et par Cyril Dion, directeur de l’ONG Colibris Mouvement pour la Terre et L’Humanisme (Coopérer pour changer) depuis 2007, a été financé grâce à une mobilisation des internautes et KissKissBankBank, leader Européen du crowdfunding dédié à la création et l’innovation internationale. KissKissBankBank est une entreprise fondée en 2010 par Vincent Ricordeau, Ombline le Lasseur et Adrien Aumont.
Vincent Ricordeau, le co-fondateur du site internet explique dans une interview pour le journal « Les Echos entreprises » qu’il y a deux branches dans le crowdfunding ; les plateformes spéculatives et les non-spéculatives. En parallèle du lancement de ce site non spéculatif fût lancé le segment du prêt solidaire sans intérêt « Hellomerci » dont la motivation est de réaliser un projet sans qu’il y ait retour sur investissement. « Les gens recherchent du lien social, un contact basé sur le partage, l’empathie, la confiance. C’est complètement désintéressé par rapport à la notion plus capitalistique d’un retour sur investissement financier. Nous occupons les deux segments : le don contre don et le prêt entre particuliers. »
Après une croissance de 500% en trois ans, ce co-fondateur rappelle le prolongement que représente la logique des réseaux sociaux (24).
Selon le Crowdfunding industry report de 2013, près de 400 plateformes de crowdfunding ont financé près d’1,1 million de projets en 2012 pour un montant de 2,7 milliards de dollars. Cependant, la moitié des campagnes de projets proposés se soldent par un échec car il faut déployer une stratégie de communication en direction de la communauté de donateurs potentiels. Dans un contexte de raréfaction des financements publics, ces nouveaux modes de financement comportent d’importants enjeux dans le développement et la pérennisation de nombreuses opérations culturelles.

3.2 La projection internationale

L’avènement des TIC a permis par l’intermédiaire d’internet une mondialisation de la culture. Jean Pierre Warnier dans son livre « La mondialisation de la culture » cite Fernand Pouillon, architecte, écrivain et éditeur :

La mondialisation de la culture est une des conséquences du développement industriel. L’ambition normale de toute industrie culturelle est de conquérir des parts du marché mondial en diffusant ses productions au Sri Lanka comme aux Etats-Unis (25).
La posture de l’artiste Saskia OW dans le milieu de l’art visuel contemporain ne semble pas être à la recherche de galeries mais plutôt de se laisser porter par les rencontres et les contacts de l’étranger perçus par elle comme le fruit du « bouche à oreille » et des retombées promotionnelles grâce aux réseaux sociaux, sites d’artistes où elle s’est inscrite et de la galerie avec laquelle elle a déjà travaillé. Elle souligne cependant le temps que peut prendre un projet à se réaliser. Une galerie avec laquelle elle avait travaillé il y a six ans l’a recontactée récemment en vue d’une prochaine exposition.
Le British Council est l’organisation internationale anglaise pour les relations culturelles. Il a mis en place un nouveau programme d’expositions d’arts visuels qui sont disponibles pour les tournées internationales. Certaines expositions sont prévues en Israël, en Lithuanie, à Mexico, en Grèce, en Turquie ou encore au Chili.
Le développement qu’a représenté l’utilisation d’internet depuis les années 90 a terriblement accéléré la circulation de l’information pour une certaine mondialisation de la culture. Jean-Pierre Warnier, auteur de « La mondialisation de la culture » s’y oppose pourtant :

Parler de la mondialisation de la culture est un abus de langage…Tout au plus peut-on parler de la globalisation de certains marchés des biens dits « culturels » (cinéma, audiovisuel, disque, presse en particulier les magazines). Confondre les industries de la culture et la culture, c’est prendre la partie pour le tout (26).

Cette réflexion amène effectivement à se questionner sur la considération de la créativité des peuples vivant à l’écart des avancées technologiques qui possèdent une culture mais ne souhaitent pas prendre part à cette marchandisation universelle de la culture. Les TIC accélèrent les moyens de communication mais ne remplace pas le processus de création, ils sont un outil de promotion et servent aussi dans la recherche de financements. La recherche de financement peut dans le cadre du financement participatif se faire à échelle internationale.
Nous citerons trois exemples d’organismes de financement participatif.
L’entreprise KissKissBankBank citée précédemment, a présenté plus de 18900 projets, 9926 collectes ont été obtenues et actuellement, 588 projets sont en cours de recherche de financements. Il existe aujourd’hui de nombreux sites permettant de proposer son projet au monde entier.
Le site indiegogo.com se présente comme une plateforme proposant des outils pour concrétiser une idée ; différents modes de financement sont possibles selon que l’objectif soit fixe ou flexible. Elle propose de mettre à profit son savoir-faire en marketing et intègre dès le lancement du projet un outil de statistiques permettant d’ajuster le projet pour augmenter son impact auprès du public. Elle propose d’apporter son assistance dans une éventuelle proposition d’une option de contrepartie avec une gestion du suivi du projet à travers une application mobile.
FundIt Buzz est aussi une plateforme de financement participatif en ligne apportant aux entreprises une aide de lancement d’activité ou de développement avec des personnes ayant pour volonté commune le désir de participer à une nouvelle façon de financer le changement social. Ces entreprises sociales peuvent lever des fonds pour un large éventail de projets avec une variété de moyens.

Lire L’artiste individuel, les TIC et la projection internationale

Les financements à la création

3/ Les financements à la création

Chaque artiste ne bénéficie pas de la même position sociale selon l’existence ou non d’une reconnaissance de son travail. Xavier Greffe, professeur à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur de « Artistes et marchés » en 2007 aux éditions de la Documentation Française, survole les variétés de situations des artistes en fonction de leur origine sociale, de leur sexe, de leur qualification de départ, de l’environnement du travail artistique, de la stratégie artistique, de l’attitude de l’artiste face à l’innovation, du « génie » et enfin, des conditions macro-économiques.
Ces dernières paraissent déterminantes car l’achat d’œuvres d’art sera sensible aux fluctuations de l’activité économique. « Cette influence de l’évolution économique générale est confirmée par les études qui ont analysé les évolutions respectives du marché boursier et du marché de l’art. » Xavier Greffe cite une étude réalisée en 1994 par Chanel, Gérard-Varet et Ginsburgh « Prices and Returns on Paintings and Exercise on How to Price the Priceless », pour qui le retournement du marché de l’art suit de près de six mois à un an au maximum celui du marché boursier (18). Etant donné que Saskia Olde Wolbers se définit comme une artiste d’art visuel utilisant la vidéo, nous nous sommes limités à aborder les financements relatifs à cette forme d’expression artistique.
Pour sa dernière création Yes these eyes are the windows, Saskia OW s’est rapprochée d’Artangel, l’association d’art londonienne qui commande et produit des œuvres « in situ » dans des lieux inédits à Londres et à travers le monde. En effet, en 2012, Saskia OW lisait dans le journal qu’une maison où avait vécu Van Gogh alors qu’il était âgé de 19 ans en 1873, avait été acheté aux enchères par un homme d’affaires chinois, Mr Wang. Artangel a contacté
Mr Wang et Alice Childs, les nouveaux propriétaires qui ont généreusement prêté les clefs de la demeure durant deux ans leur permettant ainsi de réaliser leur travail en grandeur nature.
Du 3 mai au 22 juin 2014, une expérience audio immersive et fragmentaire à travers les différents étages de la maison laissée telle qu’elle a été trouvée par Saskia OW et Artangel, telle une sorte de plateau de cinéma délabré. Cette installation audio, fruit d’une collaboration avec Lu Kemp, le designer sonore Elana Pena et le concepteur d’éclairage Cis O’Bole, a guidé les visiteurs à travers la maison. Le public y suivait le récit que l’artiste avait créé. La même bande sonore a été utilisée ultérieurement dans la création filmée à partir de la maquette de la maison.
Artangel est une association qui existe depuis plus de trente ans et elle est sous la direction de James Lingwood et Michael Morris depuis 1991. Cet organisme de bienfaisance est financé par des trusts ou groupements d’entreprises contrôlés par une société mère, des fondations, le Conseil des arts de l’Angleterre (The British Arts Council) et des mécènes.
Artangel, par sa communication autour de cette expérience, a ainsi permis à Saskia OW d’être contactée par la fondation Van Gogh située à Arles en France afin de venir présenter sa création en février 2016 (19).

Cette association diffère de la plateforme française de mécénat pour un financement participatif de l’art et du patrimoine portant le nom d’Art Angel qui est une plateforme d’échanges et de mise en relation. Art Angel anime une communauté de passionnés d’Art et de Patrimoine et son site est un lieu de rencontre entre les donateurs et les projets à financer contribuant ainsi à la diffusion de la Culture et à la transmission du Patrimoine.

3.1 Les financements en GB

Le mécénat est un acte philanthropique qui se traduit par le versement d’un don à une œuvre ou à un organisme, pour une ou des actions d’intérêt général au départ. Il est un vecteur de communication institutionnelle à échelle internationale, nationale, régionale, et locale. C’est, plus précisément un geste dont la motivation sera dénuée d’une quête de profit. Il peut également exister sous la forme d’une aide logistique ou humaine pour une cause. Il représente aussi en France depuis la loi du 1er août 2003, la possibilité pour une entreprise ou un particulier, d’obtenir une réduction d’impôt. Cette aide doit cependant avoir une gestion désintéressée c’est-à-dire que les fondateurs, dirigeants ou membres ne peuvent pas percevoir de rémunération.
Introduit dans les années 90 au Royaume-Uni, le « gift-aid » permet également une réduction d’impôt pour le particulier à hauteur de 18% et ne comporte aucun plafond. Il représente de même une exonération de l’impôt sur les plus-values pour les dons d’actif. En ce qui concerne le mécénat d’entreprise, les dons aux fondations sont déduits du résultat imposable. Le système fiscal anglais se rapproche néanmoins du modèle américain où les entreprises pratiquent davantage le parrainage avec une attente de retour sur investissement. Pour son œuvre Pareiodolia, Saskia OW a reçu une subvention de The Elephant Trust. The Elephant Trust a été créée en 1975 par Roland Penrose et Lee Miller en vue de développer et d’améliorer la connaissance, la compréhension et l’appréciation des arts plastiques au Royaume-Uni.
Dans un article du journal The Guardian du 2 novembre 2015, la journaliste Clare Brennan dénonce une certaine hypocrisie du gouvernement. Une semaine après que Penny Holbrook du conseil municipal de Birmingham ait déclaré à la presse que les arts sont essentiels à l’économie locale mais aussi pour l’âme, le budget alloué aux arts avait encore été réduit de 25% après une réduction de 17% en 2010 puis 20% en 2013. Ce conseil municipal compte réduire d’un million et demi de livres le budget à la culture d’ici 2020. Et ce n’est pas le seul (20).

Il existe des organismes offrant des informations sur les financements tels que le UK Fund Council qui a cessé son activité en 2012 pour être remplacé par le British Film Institute. En association avec la production de BBC Films, The Film Network propose également un guide qui apporte une multitude d’informations y compris juridiques, sur la formation, le droit ainsi que sur les recherches de financements aux réalisateurs de court-métrages et de films.
Les fondations sont les structures de gestion du mécénat comme Artscouncil. Ce dernier apporte un financement exclusivement à des lieux d’exposition pour soutenir la production, l’exposition et la promotion de l’art contemporain. L’organisme finance aussi des organisations telles que l’association Artangel et la Biennale de Liverpool qui soutiennent les artistes et rendent accessible l’art visuel de la plus haute qualité sur le lieu de vie de tous. Il soutient les artistes visuels en augmentant l’accès à un niveau de qualité, à des espaces et des installations abordables, en apportant un soutien professionnel et des conseils à tout stade de carrière.

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La projection internationale grâce aux réseaux sociaux

2.4 La projection internationale grâce aux réseaux sociaux

L’idée de projection internationale montre d’une part comment un artiste d’un pays peut se faire connaître à l’extérieur de ses frontières et d’autre part, comment un pays peut introduire sa culture dans un autre à travers l’influence des instituts, des centres culturels et des grandes entreprises ou encore des organisations culturelles internationales.
Pour exemple, nous citerons la fondation japonaise (The Japan Foundation) offrant son soutien financier aux galeries et artistes qui font la promotion de l’art japonais en Grande-Bretagne. En ce qui concerne les arts visuels, le financement est conçu pour apporter une aide financière aux organisateurs d’expositions (musées, galeries et autres organisations) ou à la présentation de l’art et de la culture du Japon au Royaume-Uni. Cette allocation peut être utilisée dans le cadre des frais liés à l’emballage et le transport des œuvres hors frais d’assurance, le billet d’avion et l’hébergement des artistes ou des spécialistes japonais invités (excepté pour un objectif de recherche et de développement préliminaires) et également pour la production d’un catalogue d’exposition.
La fondation japonaise soutient les programmes locaux dans le cadre de projets d’éducation comme des séminaires, des ateliers et des conférences. Le financement est limité au montant de 1500 livres disponibles toute l’année (16).
L’œuvre de Saskia OW a un rayonnement international. Sa dernière création Yes, These eyes are the windows, en plus d’être exposée dans divers lieux culturels à Londres, doit être présentée aux Pays-Bas, en Belgique, aux Etats-Unis, en Irlande,  en Allemagne et en France. Ses œuvres précédentes ont également été exposées au Japon, au Canada et à Singapour.

Vincent Ricordeau, le co-fondateur du site internet KissKissBankBank, plateforme de crowdfunding révèle dans un article du magazine « Les Echos », l’incroyable impact que peuvent avoir les réseaux sociaux :
« Les réseaux sociaux nous ont permis de partager des choses gratuitement, de les échanger, de les donner »… « On perçoit ici l’un des principaux atouts d’Internet qui créé des facilités de connexion avec des impacts dans la vraie vie. Des gens que l’on connaît, que l’on rencontre, des gens à qui l’on a fait part de son projet, des gens qui vous renvoient une image très positive, vous donnent confiance en vous et une forte dose d’optimisme. Et cela explose car quand on propose à l’humanité de partager de l’optimisme et de la confiance en soi, elle le fait… L’humanité n’est pas plus cupide que généreuse.» « Internet permet juste d’ouvrir le monde du mécénat à tout un chacun. Aujourd’hui on peut devenir micro-mécène pour un euro… C’est la magie du web.» (17) Internet offre donc une ouverture sur le monde et représente un formidable outil accélérant les échanges. Malgré une barrière liée à la langue, on peut à l’aide d’outils de traduction proposés par certains sites et moteurs de recherche étendre ses recherches d’information à travers le monde entier.

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Saskia Olde Wolbers, les TIC et la projection internationale

Quelle forme d’art ?

L’art visuel utilise plusieurs modes d’expression, il correspond à toutes les perceptions que peut avoir l’œil. Il englobe les arts plastiques traditionnels auxquels s’ajoutent les techniques nouvelles : la photographie, le cinéma, l’art vidéo et l’art numérique, mais aussi les arts appliqués, les arts décoratifs (art textile, design, marqueterie…) et l’architecture.
A propos de son œuvre Yes, these eyes are the windows, dans un clip promotionnel réalisé par Artangel, Saskia OW livre une réflexion intéressante : « La technologie est utilisée dans l’installation mais on ne peut la voir, elle agit comme une métaphore de la mémoire ». Cet endroit délabré, longtemps à l’abandon, a été ré-habité grâce à son inscription au titre de monument historique. Le film créé à partir de la maquette de ce lieu fantomatique est un patrimoine faisant partie d’une mémoire collective. C’est d’ailleurs ainsi que la France considère l’audiovisuel (1).

En quoi utilise-t-elle les TIC ?

Le film utilisé par Saskia Olde Wolbers fait appel à une technologie. Même si la vidéo est au départ analogique, elle est retravaillée à partir de logiciels numériques avant d’être diffusée.
Le mot « vidéo » vient du latin « video » qui signifie : « je vois ». Selon l’encyclopédie Larousse, la vidéo est l’ensemble des techniques relatives à la formation, l’enregistrement, le traitement ou la transmission d’images ou de signaux de type télévision. Son invention date du 22 mars 1895, date à laquelle les frères Louis et Auguste Lumière ont déposé le brevet du cinématographe. Ils font la démonstration de leur invention devant une assemblée de scientifiques en organisant une projection « corporative » dans les locaux de la Société d’encouragement à l’industrie nationale, rue de Rennes à Paris. Le film présenté se déroule à Lyon et s’intitule La sortie des usines Lumière. Il constitue le premier film de l’histoire du cinéma.
Le son et l’image existaient donc bien avant 1914 mais « le premier conflit mondial et la démocratisation de techniques encore confidentielles avant lui ont fait basculer le XXème siècle dans le monde audiovisuel, celui de l’image, puis de l’image animée, puis de l’image et du son conjugués. » (2)
Le film est désormais attaché à la technologie. Guy Deniélou, fondateur de l’Université de Technologie de Compiègne, propose de définir la technologie comme  » le nom que prend la science quand elle a pour objet les produits et les procédés de l’industrie humaine « . Le mot technologie renvoie à la notion d’artefact (techne en grec) et à celle de sciences (logos).

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Saskia Olde Wolbers-L’artiste individuel, les TIC et la projection internationale

1/ L’artiste

1.1 Etude de cas : l’artiste Saskia Olde Wolbers

En quoi est-elle une artiste internationale ?

Saskia Olde Wolbers est une artiste hollandaise qui s’est établie à Londres avant le début de sa carrière. Elle est née aux Pays-Bas en 1971 et est venue s’installer avec ses parents à Londres alors qu’elle avait 17 ans. Elle a commencé avec le dessin et a ensuite fréquenté the Chelsea College où elle a étudié la photographie, la sculpture, la peinture, l’écriture. Elle a commencé à utiliser la vidéo à partir du milieu des années 1990. Saskia Olde Wolbers a exposé dans de nombreux musées, galeries et espaces publics tant au Royaume-Uni qu’à l’étranger.

Son œuvre

Saskia Olde Wolbers a reçu de multiples prix tout au long de sa carrière, dont le London Artists’ Film and Video Award en 2007, le prix Beck’s Futures en 2004, le Baloise Art Prize en 2003, le prix Charlotte Köhler en 2002, le Prix de Rome (film/vidéo) en 2001. Son travail est présent dans de nombreuses collections publiques et privées, comme au Stedelijk Museum à Amsterdam, au Hirshhorn Museum à Washington, dans la Goetz Collection à Munich, à la South London Gallery et au Museum of New and Old Art en Tasmanie.
La vidéo représente pour Saskia OW la possibilité de réunir plusieurs modes d’expression.
Ses courtes vidéos narratives mêlent des scénarios fictionnels soigneusement élaborés et des visuels évocateurs d’environnements surnaturels. Rappelant l’imagerie numérique, ses visuels aqueux sont entièrement analogiques, tournés en temps réel dans des décors en maquette puis retravaillés avec des effets sur ordinateur. Objets squelettiques, architectures et formes vivantes se voient conférer une « peau » une fois trempés dans la peinture et plongés sous l’eau. Les matériaux se trouvent animés par cette confrontation imprévisible de l’huile et de l’eau et deviennent alors matière dégoulinante, suintante et ondulante, oscillant entre figuration et abstraction. Ces enregistrements de procédés sculpturaux et chimiques subvertissent la dimension de vérité qu’implique le fait de filmer la réalité. Des narrateurs hors-champ abordent la fluidité des faits à travers des biographies faisant résonner les notions de traduction et de vraisemblance. Ses vidéos intègrent des bandes sonores composées par Daniel Pemberton, célèbre pour la création d’un hybride ingénieux de médiums musicaux – de l’électronique à l’orchestre – dans tout son travail cinématographique et télévisuel.
« Dans Yes, These Eyes are the Windows, je présente la maison comme une narratrice invisible, déroulant un récit fictionnel, qui raconte la mythification de Van Gogh et l’incroyable emprise de sa présence fantomatique sur son destin et celui de ses propriétaires. Van Gogh est un artiste très connu, non seulement pour son œuvre, mais aussi du fait de son parcours de vie peu commun, qui vient singulièrement renforcer le cliché ultime de l’artiste en flâneur romantique et génie torturé. Il possède un incroyable pouvoir d’attraction sur les gens et je trouve que la maison en vient elle aussi à attirer énigmatiquement les gens à elle. »

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