Le crowdfunding

3.1.1 Le crowdfunding

C’est le financement par toute personne d’un projet, et sa participation à hauteur de sa contribution.
La définition officielle donnée par la Banque de France ACPR est la suivante :
« Le crowdfunding ou financement participatif est un nouveau mode de financement de projets par le public. Il permet de récolter des fonds – généralement de faibles montants – auprès d’un large public en vue de financer un projet artistique (musique, édition, film, etc.) ou entrepreneurial. Les opérations de crowdfunding peuvent être des soutiens d’initiative de proximité ou des projets défendant certaines valeurs. » (21)
Le crowdfunding est donc le financement participatif d’un projet.
Le crowdsourcing est un nouveau moyen d’obtenir une information ou une participation à une tâche ou encore à un projet particulier en recourant aux services d’un certain nombre de personnes, rémunérées ou non, généralement via l’Internet.
Le crowdfunding, ou crowdsourcing, a suscité beaucoup d’enthousiasme. Il a été rapidement considéré comme un nouveau modèle de financement au cours des dernières années, non seulement pour le film mais pour toute entreprise à court de liquidité. L’idée est que la mise en commun de petites quantités d’argent résultant de la sollicitation d’audiences quasi-illimitées de l’Internet, peut contourner les modèles de financement traditionnels et leurs contraintes artistiques. Une partie de l’opinion pense que ce type de financement serait viable que dans le cadre de la production de documentaires (22).

Le site internet d’Artquest partage les ressources, les réseaux et les opportunités dont l’artiste visuel a besoin pour développer sa pratique artistique. Sa mission étant d’encourager son engagement critique et d’apporter un soutien pratique. Cet organisme créé des projets et des évènements au profit des artistes visuels à chaque étape de leur carrière. Tous ses membres travaillent à temps partiel car eux-mêmes sont artistes visuels. L’accessibilité au site est sans inscription, ouverte à tous. Le site ne contient aucune publicité, ce qui signifie que l’artiste obtient des recommandations basées sur la qualité plutôt que sur le profit. Artquest est un programme lancé depuis 2001 par l’Université des Arts de Londres (UAL), le plus grand établissement d’enseignement supérieur d’Europe dans le domaine des pratiques artistiques créatives et il est rattaché au conseil des Arts d’Angleterre (Arts Council England) (23).
En France, le film documentaire « Demain » réalisé par l’actrice et réalisatrice Mélanie Laurent et par Cyril Dion, directeur de l’ONG Colibris Mouvement pour la Terre et L’Humanisme (Coopérer pour changer) depuis 2007, a été financé grâce à une mobilisation des internautes et KissKissBankBank, leader Européen du crowdfunding dédié à la création et l’innovation internationale. KissKissBankBank est une entreprise fondée en 2010 par Vincent Ricordeau, Ombline le Lasseur et Adrien Aumont.
Vincent Ricordeau, le co-fondateur du site internet explique dans une interview pour le journal « Les Echos entreprises » qu’il y a deux branches dans le crowdfunding ; les plateformes spéculatives et les non-spéculatives. En parallèle du lancement de ce site non spéculatif fût lancé le segment du prêt solidaire sans intérêt « Hellomerci » dont la motivation est de réaliser un projet sans qu’il y ait retour sur investissement. « Les gens recherchent du lien social, un contact basé sur le partage, l’empathie, la confiance. C’est complètement désintéressé par rapport à la notion plus capitalistique d’un retour sur investissement financier. Nous occupons les deux segments : le don contre don et le prêt entre particuliers. »
Après une croissance de 500% en trois ans, ce co-fondateur rappelle le prolongement que représente la logique des réseaux sociaux (24).
Selon le Crowdfunding industry report de 2013, près de 400 plateformes de crowdfunding ont financé près d’1,1 million de projets en 2012 pour un montant de 2,7 milliards de dollars. Cependant, la moitié des campagnes de projets proposés se soldent par un échec car il faut déployer une stratégie de communication en direction de la communauté de donateurs potentiels. Dans un contexte de raréfaction des financements publics, ces nouveaux modes de financement comportent d’importants enjeux dans le développement et la pérennisation de nombreuses opérations culturelles.

3.2 La projection internationale

L’avènement des TIC a permis par l’intermédiaire d’internet une mondialisation de la culture. Jean Pierre Warnier dans son livre « La mondialisation de la culture » cite Fernand Pouillon, architecte, écrivain et éditeur :

La mondialisation de la culture est une des conséquences du développement industriel. L’ambition normale de toute industrie culturelle est de conquérir des parts du marché mondial en diffusant ses productions au Sri Lanka comme aux Etats-Unis (25).
La posture de l’artiste Saskia OW dans le milieu de l’art visuel contemporain ne semble pas être à la recherche de galeries mais plutôt de se laisser porter par les rencontres et les contacts de l’étranger perçus par elle comme le fruit du « bouche à oreille » et des retombées promotionnelles grâce aux réseaux sociaux, sites d’artistes où elle s’est inscrite et de la galerie avec laquelle elle a déjà travaillé. Elle souligne cependant le temps que peut prendre un projet à se réaliser. Une galerie avec laquelle elle avait travaillé il y a six ans l’a recontactée récemment en vue d’une prochaine exposition.
Le British Council est l’organisation internationale anglaise pour les relations culturelles. Il a mis en place un nouveau programme d’expositions d’arts visuels qui sont disponibles pour les tournées internationales. Certaines expositions sont prévues en Israël, en Lithuanie, à Mexico, en Grèce, en Turquie ou encore au Chili.
Le développement qu’a représenté l’utilisation d’internet depuis les années 90 a terriblement accéléré la circulation de l’information pour une certaine mondialisation de la culture. Jean-Pierre Warnier, auteur de « La mondialisation de la culture » s’y oppose pourtant :

Parler de la mondialisation de la culture est un abus de langage…Tout au plus peut-on parler de la globalisation de certains marchés des biens dits « culturels » (cinéma, audiovisuel, disque, presse en particulier les magazines). Confondre les industries de la culture et la culture, c’est prendre la partie pour le tout (26).

Cette réflexion amène effectivement à se questionner sur la considération de la créativité des peuples vivant à l’écart des avancées technologiques qui possèdent une culture mais ne souhaitent pas prendre part à cette marchandisation universelle de la culture. Les TIC accélèrent les moyens de communication mais ne remplace pas le processus de création, ils sont un outil de promotion et servent aussi dans la recherche de financements. La recherche de financement peut dans le cadre du financement participatif se faire à échelle internationale.
Nous citerons trois exemples d’organismes de financement participatif.
L’entreprise KissKissBankBank citée précédemment, a présenté plus de 18900 projets, 9926 collectes ont été obtenues et actuellement, 588 projets sont en cours de recherche de financements. Il existe aujourd’hui de nombreux sites permettant de proposer son projet au monde entier.
Le site indiegogo.com se présente comme une plateforme proposant des outils pour concrétiser une idée ; différents modes de financement sont possibles selon que l’objectif soit fixe ou flexible. Elle propose de mettre à profit son savoir-faire en marketing et intègre dès le lancement du projet un outil de statistiques permettant d’ajuster le projet pour augmenter son impact auprès du public. Elle propose d’apporter son assistance dans une éventuelle proposition d’une option de contrepartie avec une gestion du suivi du projet à travers une application mobile.
FundIt Buzz est aussi une plateforme de financement participatif en ligne apportant aux entreprises une aide de lancement d’activité ou de développement avec des personnes ayant pour volonté commune le désir de participer à une nouvelle façon de financer le changement social. Ces entreprises sociales peuvent lever des fonds pour un large éventail de projets avec une variété de moyens.

Lire L’artiste individuel, les TIC et la projection internationale